Blogue du maire

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Ti-Jean et Grand Jean

  • Écrit par Cyrille Simard
  • Publié le 31 octobre 2017

Une communauté, ça implique toujours une variété de personnes. Des croyances, des opinions, des capacités et des parcours différents s’y croisent et s’y rencontrent. En même temps, ces personnes ont aussi plusieurs éléments en commun qui les rassemblent. Ça procure un sentiment de cohésion et de solidarité. C’est impressionnant de voir à quel point cet équilibre entre la variété et l’unité opère.

Cette fin de semaine, le lancement des activités au Centre Jean-Daigle m’a donné l’occasion de le constater encore une fois. Deux personnalités très différentes me viennent à l’esprit spontanément pour illustrer ce point. Curieusement, elles portent toutes les deux le prénom de Jean. Pour le bénéfice de mon propos, je vais les appeler Ti-Jean (en réalité c’est vraiment comme ça que nous l’appelions lorsque j’étais jeune) et le Grand Jean.

Y’a d’abord Ti-Jean. Jean Desroches était son nom complet. Ti-Jean a vécu à Edmundston de sa naissance en 1954 jusqu’à son décès en 2007. Ti-Jean était trisomique, ou, si vous préférez, il était atteint du Down Syndrome comme on dit communément.

ti-jean-1979Ti-Jean était un rayon de soleil au cœur de la communauté d’Edmundston-Est en particulier. J’étais enfant à l’époque. Son souvenir est demeuré très vif dans mon esprit. Ti-Jean était partout. On le voyait régulièrement se promener aux abords de la salle « Le Mur » avec ses inséparables « bâtons de drums ». Il imitait les joueurs de batterie en activant ses baguettes tout en marchant. Il chantonnait des airs de rock & roll à voix haute. Il souriait toujours. Tout le monde l’aimait et le protégeait.

De plus, Ti-Jean était un amateur inconditionnel de sport… surtout le softball, le baseball et également le hockey. Il n’y avait virtuellement aucun événement sportif en ville sans que Ti-Jean y soit présent. Il saluait les gens, administrait une petite tape sur l’épaule ou racontait des blagues en s’éclatant d’un rire contagieux. J’entends encore son rire caractéristique comme si c’était hier.

Le diminutif « Ti-Jean » porte à croire qu’il n’était peut-être qu’un tout petit morceau de la communauté. C’est la perception qui peut se dégager lorsque l’on mesure la place d’une personne dans la société en rapport à ses exploits antérieurs, à son pouvoir économique ou politique, à la place qu’elle occupe dans les médias, etc. Oui, Ti-Jean était unique. Il représentait un élément parmi la variété de personnes que l’on retrouve dans une communauté.

Mais, chose certaine, il en faisait partie et il contribuait à la vie et à l’identité de la communauté. Il en était un morceau inséparable. La communauté le protégeait et le faisait grandir. Au Centre Jean-Daigle, la fin de semaine dernière, Ti-Jean aurait été là avec nous. En fait, je pense qu’il y était sûrement à sa façon.

jean-ceremonieEt puis, il y a Grand Jean. Jean Daigle est son nom au complet. Jean mesure plus de 6 pieds et il est charpenté comme une armoire à glace. Il a connu des exploits sportifs de haut niveau, le conduisant même aux portes de la Ligue nationale de hockey.

C’est un homme d’affaires à succès qui a bâti une entreprise d’envergure qui a fait vivre plusieurs familles de notre ville au fil du temps.

Respecté pour son sens des affaires impitoyable, il a sûrement été craint par d’autres, car c’est un monde compétitif où même si on respecte les règles du jeu, certains gagnent et d’autres perdent.

Homme de peu de mots, Jean est empreint d’une grande simplicité. Il a passé plus souvent qu’autrement inaperçu dans le paysage communautaire. Il a rarement été placé sous le spotlight pour ses accomplissements.

Contrairement à Ti-Jean, Jean Daigle était quant à lui bien présent dans l’amphithéâtre communautaire toute la fin de semaine dernière. Certes, c’est en partie en raison du généreux don que lui et son épouse ont accordé pour la construction du centre qui porte son nom. Mais il n’était pas là pour cette unique raison.

Toute la fin de semaine, il m’a répété à quel point il était heureux de voir les visages souriant des milliers de personnes de la communauté qui admiraient les installations et exprimaient leur fierté devant le résultat de ce projet.

Jean est humble malgré l’importance de sa contribution dans ce projet. Il reconnaît qu’il l’a fait pour l’intérêt commun de tous et toutes. Grand Jean peut aussi chausser les souliers d’un Petit Jean.

Et puis il y a eu ce moment de grâce. Je suis au centre de la patinoire. J’attends pour effectuer la première mise au jeu protocolaire de l’histoire de ce bâtiment. L’annonceur invite Jean Daigle à se rendre au centre de la glace pour me joindre. Il s’engage sur le tapis rouge. Il franchit la distance au rythme des applaudissements qui naissent.

Tout à coup, spontanément, les 2600 personnes présentes se lèvent pour l’ovationner longuement, chaleureusement, généreusement. L’émotion fabrique un nœud dans ma gorge. Son visage à ce moment restera gravé dans ma mémoire au même titre que le sourire du Ti-Jean d’autrefois.

Fierté, peut-être. Humilité, sans doute. Ti-Jean d’autrefois devenait un Grand Jean grâce à l’amour et à la protection que lui procurait sa communauté. Homme effacé, Grand Jean d’aujourd’hui se sentait sans doute à l’étroit, peut-être comme un Petit Jean, devant une telle manifestation d’amour et de reconnaissance témoignée samedi soir.

On dit qu’une communauté, c’est un groupe de personnes qui possèdent et jouissent de façon indivisible un patrimoine qu’elles ont en commun. Tout ça, c’est notre patrimoine. Il n’est jamais aussi beau et fort de nature que lorsque tous les Ti-Jean et les Grand Jean font preuve de générosité et travaillent ensemble au-delà de leurs différences apparentes.

Oui, Ti-Jean était là ce samedi soir avec Grand Jean sur la patinoire.

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Le vent de fraicheur qui souffle sur Edmundston

C’est LA MEILLEURE NOUVELLE du dernier recensement de Statistique Canada. Vraiment.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

Vous vous souvenez de mon plaisir à vous partager dans mon dernier billet que notre ville a connu une augmentation de sa population entre 2011 et 2016. C’était une première bonne nouvelle.

La deuxième bonne nouvelle, c’est que cette augmentation semblait être attribuable à une arrivée de nouvelles familles.

Mais ce que vient tout juste de publier Statistique Canada, c’est la meilleure nouvelle du recensement à mon avis. C’est l’arrivée de jeunes familles en particulier qui semble expliquer cet accroissement et surtout ce début de renouvèlement de la population d’Edmundston depuis 2011.

En effet, comme le montre la figure ci-dessous, le nombre d’enfants âgés de 0 à 14 ans a augmenté de 8,3 % depuis 2011 à Edmundston.

tableau-8-pourcent-FR

Ça peut être facile de balayer des statistiques de ce genre du revers de la main, et ce résultat peut sembler banal. Mais il ne l’est pas. Loin de là.

Voici des raisons pourquoi.

  • Seulement trois autres cités (Dieppe, Fredericton et Moncton) ont connu un accroissement positif de ce genre. C’est trois cités sont en croissance et nos résultats se comparent aux leurs.
  • Pour la même période, le résultat du Nouveau-Brunswick à ce niveau est négatif à -2,7%.
  • Pour la même période, le résultat du Canada à ce niveau est de 4%. Edmundston a doublé ce résultat national!
  • Et savez-vous quoi? Pour la période précédente (2006-2011) le nombre d’enfants âgés de 0 à 14 ans avait diminué de 10,2% à Edmundston!

C’est pas un virage ça?

Voilà pourquoi cette nouvelle est si importante. Elle souligne un changement majeur par rapport à ce qui se dessinait comme tendance de la population de notre ville, en particulier dans le contexte provincial.

Elle souligne qu’un renouvèlement positif de notre population s’est amorcé.

C’est une excellente nouvelle qui augure bien pour la relève.

Bien sûr, tout n’est pas joué. Ce renversement de tendance, nous devons le consolider et le soutenir. C’est notre affaire à tous et toutes.

Ainsi on pourra dire pour longtemps qu’Edmundston est jeune de nature!

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Une leçon tirée du recensement

  • Écrit par Cyrille Simard
  • Publié le 10 mars 2017

Les données du recensement 2016 viennent d’être publiées. On y retrouve de bonnes nouvelles pour Edmundston. Un accroissement démographique, c’était du jamais vu ici depuis très longtemps.

Depuis 1981, nous étions sur une pente descendante. Pas différents de bien d’autres villes du nord de la province en fait. En tout et partout, depuis 1981, c’est presque 2000 personnes de moins sur le territoire municipal. C’est majeur.

Alors, 500 personnes de plus dans la municipalité, selon le dernier recensement, on a le droit de s’en réjouir. Ce n’est pas l’Eldorado, c’est certain. Mais c’est quand même un rattrapage important. C’est près du quart de la population, perdue depuis 35 ans, qui a été rattrapée en seulement cinq années !

De plus, cette augmentation est en grande partie attribuable à une arrivée de nouvelles familles. Les unités familiales ont augmenté de 3,2%, c’est-à-dire à peu près la même augmentation que la population générale (3,4%). Dans un contexte de vieillissement démographique, cela est d’autant plus intéressant.

On pourrait jaser longuement des raisons qui expliquent cet accroissement de la population. En l’absence des détails plus élaborés du recensement, qui seront publiés plus tard, bien des scénarios sont possibles. C’est prématuré de s’étendre là-dessus.

Carte3RegionsGrandMais une chose est certaine. Observons l’ensemble des municipalités qui nous entourent. Seules Saint-Quentin et Edmundston ont connu une augmentation de la population dans les 5 dernières années.

Alors j’ai une question simple pour vous. Est-ce que c’est viable ? Est-ce qu'on poursuivre à ce rythme?

On a beau s’engager à valoriser nos attraits et nos atouts. On a beau développer des projets communautaires rassembleurs. On a beau se prendre en charge et se retrousser les manches pour relever les nombreux défis. Les résultats sur le terrain montrent que toute la région est affectée.

Or, comprenez-moi bien. Je ne me réjouis pas des baisses de population chez nos voisins. Je ne veux pas insinuer que nos voisins ne font pas des efforts pour développer leur municipalité. Au contraire, tout le monde fait son possible.

Ce que je dis est très simple. Si le bassin de population de l’ensemble de notre région diminue (et c’est le cas dans la réalité) c’est TOUTE la région qui en souffre. Notre ville aussi en souffre à titre de pôle régional de services et de commerces.

Avec Saint-Quentin, nous avons sûrement fait quelque chose de bien à Edmundston pour obtenir de bons résultats. Je suis persuadé que nos amis du Haut-Madawaska, bientôt regroupés en une seule municipalité rurale, visent à en faire autant et ils le font déjà en se regroupant. C’est la même chose pour les municipalités du Bas-Madawaska / Victoria. Et que dire de nos amis du Nord du Maine et de ceux du Témiscouata ?

Il ne faut pas se faire d’illusion.

Tel un tsunami, la vague démographique est vaste et profonde. Penser le contraire, c’est s’abandonner au sort de forces qui sont bien plus grandes que nous et que nous ne maitrisons pas. C’est abandonner tout court en fait.

Il est donc, plus que jamais primordial de se prendre en main non seulement comme ville mais aussi comme région. Une région forte, solidaire et unie autour d’une vision optimiste et inclusive.

Et il faut traduire cette volonté en action réelle et stratégique. Nous avons cette obligation. Nous le devons à ceux et celles qui nous ont précédés et surtout à ceux et celles qui nous suivent et qui veulent « Réussir Ici ».

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